The Estate of Alina Szapocznikow /

Chronologie de la vie
et de l'œuvre d'Alina Szapocznikow

Établie et rédigée par Jola Gola

1926 Kalisz, Pologne

B&W: two people, formal dress, 1920s setting
B&W: young girl in white dress with her mother, outdoors

Note source (annotation rouge) : « dates exactes des photos ? » — à confirmer.

Alina Szapocznikow naît le 16 mai à Kalisz, en Pologne. Pour des raisons inconnues, c'est la date du 15 mai 1927 qui apparaît sur le certificat de naissance, ce jusqu'à sa rectification par la décision d'un tribunal en novembre 1937, juste avant la mort de son père. Les parents de Szapocznikow sont juifs non-pratiquants : son père, Jakub, est dentiste et sa mère, Ryfka (née Auerbach), est pédiatre.

1939 — 1945 Guerre · ghettos · camps

En février 1940, après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, la famille de Szapocznikow est enfermée dans le ghetto de Pabianice. Avec sa mère, Szapocznikow travaille comme infirmière dans un hôpital du ghetto. Après la liquidation du ghetto de Pabianice en 1942, la famille est transférée à celui de Łódź. D'après le témoignage de Rita Hilton, la famille Szapocznikow est envoyée à Bergen-Belsen, où elle restera environ dix mois, via Auschwitz. Mère et fille travaillent dans un hôpital du camp, mais elles sont séparées à l'automne 1944. Nous ne savons rien de ce qu'a vécu Szapocznikow durant les derniers mois de la guerre. Elle part à Prague avec un groupe de prisonniers tandis que sa mère retourne à Łódź.

1948 Paris · Beaux-Arts · Stanisławski

B&W: man & woman, intimate setting (AS with Ryszard Stanisławski)
B&W: group of art students, studio, easels
B&W: smaller group photo, outdoors

Note source (annotation rouge) : « photo avec mère ill 13 katalog ».

Au début de l'année, Szapocznikow entreprend des études à l'École supérieure des Beaux-Arts à Paris, fréquentant en auditeur libre les cours de Paul Niclausse durant deux ans. Elle habite rue d'Alésia. À cette époque, elle a déjà fait la connaissance de César.

Au printemps, elle rencontre Ryszard Stanisławski, étudiant en mathématiques à la Sorbonne et qui entamera bientôt des études d'histoire de l'art à l'École du Louvre. Stanisławski introduit Szapocznikow auprès de son groupe d'amis polonais, composé notamment de Mieczysław Szabliński, Lech Zahorski et sa femme Michelle, Simone et Gaston Lerendu — ses futurs employeurs, frère et sœur propriétaires d'un atelier de travail de la pierre sur l'avenue du Père-Lachaise — ainsi qu'Helena et Julien Lustre, des parents éloignés de Szapocznikow.

Pour nous, ses premiers camarades de classe, son œuvre fut dès le début l'objet de respect, sinon d'admiration et d'envie. En particulier parmi les filles, dans l'atelier de Wagner, car aucune n'osait comme Alina déstabiliser le professeur. Ses œuvres, tant les meilleures que les moins bonnes, les questions dont elle le bombardait, tout cela lui était nécessaire pour progresser, pour mériter les éloges ou la critique, pour découvrir l'étape suivante, savoir comment continuer.

— Miloš Chlupáč, texte non publié rédigé pour Alina Szapocznikow, 1926–1973, Muzeum Sztuki, Łódź, Pologne, 1975.

1965 Malakoff · Filozof · Portret wielokrotny

B&W: AS standing beside tall white plaster sculptures in her atelier
B&W: elongated abstract sculpture (Filozof / Jednonoga)
B&W: close-up of a body-cast sculpture detail

Note source (annotation rouge) : « À VÉRIFIER 1965 ».

Au printemps, Szapocznikow et sa famille s'installent dans une maison de la rue Victor-Hugo à Malakoff, près de Paris, où l'artiste dispose d'un atelier privé. Elle continue à réaliser des esquisses en terre cuite avec de petites empreintes digitales et des moulages de bouches. Elle commence à se concentrer sur son propre corps tout en réalisant des assemblages qui incluent des éléments industriels, tels Goldfinger, Głowa X [Tête X], Dwuczęściowa [En deux parties], Człowiek z instrumentem [Homme avec instrument] et Femme de ménage.

Elle y crée une série de sculptures qui présentent des formes étirées depuis la base, notamment Modelka [Modèle], Filozof [Philosophe] et Jednonoga [Femme unijambiste]. Elle pose sur un socle le moulage en plâtre de sa propre jambe réalisé en 1962. Elle réalise également son premier Portret wielokrotny (dwukrotny) [Portrait multiple (double)], en utilisant des moulages en plâtre ou en bronze de son visage qu'elle pose sur un socle de granit.

L'exposition a eu lieu pendant que j'étais à Varsovie. Je n'ai pas pu y participer, mais… La pièce centrale et principale nouveauté dans cette exposition généralement ennuyeuse, comme le sont toutes les expositions thématiques, était le « pouce » de César. (…) Cher Jerzy, tu peux imaginer mon choc et mon embarras, puisque seuls le photographe Marek Holzman et toi-même, à qui j'ai donné les photos avant mon départ, êtes au courant que, au même moment, préoccupée par le fait que l'abstraction devenait académique, et peut-être un peu par perversité ou même exhibitionnisme artistique, j'ai réalisé un moulage de ma propre jambe et un portrait-montage avec un moulage de mon propre visage.

— Alina Szapocznikow, lettre à Jerzy Stajuda, 1965.

Expositions

XXe Salon des Réalités nouvelles, Paris, 5–27 avril
XXIe Salon de Mai, Musée d'art moderne, Paris, 3–23 mai
IV Biennale internazionale di Scultura, Palazzo Comunale, Carrare, Italie
« 8 Sculpteurs parisiens », Jardin botanique, Montréal, Canada
« Porównania » (« Comparaisons »), BWA Sopot, Pologne, 25 sept. — 24 oct.

1967 Mariage · Le Voyage · première personnelle à Paris

B&W: AS in her atelier with a large translucent polyester sculpture (figure/torso)

En février, Szapocznikow épouse Cieślewicz à Paris. Elle se tourne de nouveau vers le thème abordé une première fois dans Portrait multiple, et en crée une version quadruple (qui appartient aujourd'hui à la collection du Muzeum Sztuki de Łódź) ainsi qu'une version double, sur un large socle de pierre, et qui sera exposée au Palais-Royal à Paris dans le cadre du XIXe Salon de la jeune sculpture.

Elle crée Le Voyage, apogée de son œuvre, qui expose la perte progressive d'un support et d'un centre de gravité stables ; L'Apesanteur (Hommage à Komarow), une figure élancée ressemblant à une momie ; et Caprice-Monstre, une forme lumineuse de grande dimension qui sera présentée dans sa première exposition individuelle à Paris.

Le 11 avril, Restany inaugure la première exposition individuelle de Szapocznikow à la galerie Florence Houston Brown à Paris.

Expositions

« Orientacje » (« Orientations »), Dom Artysty Plastyka, Varsovie, février
XVIIIe Salon de la jeune sculpture, place des Vosges, Paris, 7 juin — 10 juillet
« L'Objet 2 », galerie Lacloche, Paris, automne
« Alina Szapocznikow », galerie Florence Houston Brown, Paris, 11 avril — 6 mai
« Alina Szapocznikow, Rzeźba » (Sculpture), Galerie nationale d'Art Zachęta, Varsovie, 7–30 juillet

1973 Praz-Coutant · Passy, France

La santé de Szapocznikow se détériore et elle est admise dans un sanatorium à Praz-Coutant, en Haute-Savoie. […] Szapocznikow meurt le 2 mars.

Expositions

« Alina Szapocznikow, Tumeurs, Herbier », Musée d'Art moderne de la Ville de Paris, 08.05 — 03.06.1973. Commissariat : Pierre Restany.

1975 — présent Reconnaissance posthume

[Texte — rétrospectives et entrée dans les collections du MoMA, Centre Pompidou, Tate ; documenta 12 (2007) ; Sculpture Undone, WIELS / Hammer / MoMA (2011–2012) ; Langage du corps, Musée de Grenoble (2025).]